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rita
                                                                           

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LE PÈLERINAGE À SAINTE RITA
 
A - Depuis quand existe le sanctuaire de Ste Rita à Vendeville ?
 
C’est en 1928, sous le ministère de l’abbé Henri DUMORTIER que débuta le pèlerinage de sainte Rita à Vendeville. En effet, un jour de 1926 son attention est attirée par une annonce parue dans le journal « La Croix »  de Paris. Une lilloise de la rue d'Arras, Mlle Jeanne DYPERSIN, voulant exprimer sa reconnaissance à sainte Rita pour une faveur obtenue, annonça qu'elle offrait à une église pauvre de la région lilloise (qui voudrait l'accepter) une statue de sainte Rita. Le curé de Vendeville s'intéressa à la chose et sollicita la statue. Le pasteur devint alors, sans le pressentir, l'instrument providentiel d'une orientation nouvelle prise par l’église de Vendeville.
La statue, un modeste objet de plâtre sans grande valeur par elle-même, fut envoyée par chemin de fer à la gare de Seclin, à cinq kilomètres de Vendeville. Là, un fermier vint la prendre avec son attelage afin de la conduire à la paroisse Saint Eubert de Vendeville.
L'abbé DUMORTIER organisa une bénédiction solennelle. Puis il érigea la confrérie de sainte Rita (cf. ci-dessous). Il obtint même une relique de la Sainte, du monastère de Cascia où, par un miracle perpétuel, le corps de la sainte est conservé intact, dans une châsse d'argent, depuis le jour de sa mort, le 22 mai 1457. Le culte s'est développé rapidement, sans publicité. Tout de suite, beaucoup de pèlerins sont venus à Vendeville invoquer sainte Rita et lui demander son secours dans les difficultés de la vie.
 
B - A quel moment de l’année le Pèlerinage a-t-il lieu ?
 
Le Pèlerinage à sainte Rita a lieu durant toute l’année. Environ 300 personnes viennent chaque jour, davantage l’été que l’hiver et davantage le week-end, en particulier le samedi et le dimanche après-midi, que les autres jours. Chaque week-end, trois messes sont célébrées : le samedi à 18h et le dimanche à 8h et à 10h. Le samedi soir et le dimanche à 10h, l’église est souvent pleine. Le dimanche après-midi à 16h, nous avons également une belle célébration. Elle commence par un beau chant suivi de la lecture de la Parole de Dieu. Après l’homélie, nous récitons le chapelet selon l’un ou l’autre des mystères du Rosaire. Après un autre beau chant, le prêtre expose le Saint-Sacrement, l’encense et bénit les pèlerins présents. Et nous terminons par un cantique à la Vierge Marie.
Au cours de l’année, le pèlerinage est marqué par plusieurs événements : d’abord la fête de Pâques, la grande fête des chrétiens ! Puis la grande neuvaine qui précède la fête de sainte Rita le 22 mai. Ce jour-là, le grand parking ne suffit plus. Les bus doivent aller se garer ailleurs après avoir fait descendre les pèlerins. Quatre messes sont célébrées et elles commencent toutes par la célèbre bénédiction des roses, en souvenir d’une grâce que le Seigneur a faite à sainte Rita avant de mourir. Elles représentent pour nous les grâces que sainte Rita reçoit du Seigneur pour les répandre ensuite dans les cœurs de tous ceux et de toutes celles qui la prient avec confiance. Après s’être recueillis devant la statue et le beau petit vitrail de sainte Rita, les pèlerins repartent ensuite chez eux avec les roses et les petits souvenirs qu’ils ont achetés au magasin pour les distribuer à leurs proches, en particulier à tous les malades qu’ils connaissent.
Le magasin comme l’église est ouvert toute l’année. C’est là que les pèlerins achètent leurs lumignons, médailles, chapelets, statuettes, huile de sainte Rita, cartes, etc. Certains jours, il ne désemplit pas ! Ce qui laisse peu de temps aux personnes du magasin pour parler avec eux. Par contre, aux heures creuses, Stéphanie, Valérie, et autres dames du magasin se feront une joie d’échanger avec vous.
Dans ce but, nous avons d’ailleurs créé un service écoute dans l’église. L’après-midi, les personnes qui le souhaitent peuvent ainsi échanger avec quelqu’un. Un lundi après-midi sur deux, deux membres de l’association « Mère de Miséricorde » assurent ce service.
La troisième grande date du pèlerinage est le 15 août. Ce jour-là, les pèlerins sont tellement nombreux que nous célébrons la messe de 10h sur le parking. Certes, la foule n’est pas aussi importante qu’à Lourdes, mais la ferveur des 2000 pèlerins est certainement aussi grande. Entre Pâques et la rentrée scolaire, nous accueillons aussi de nombreux bus venant des quatre coins de la région Nord/Pas-de-Calais, mais d’autres bus viennent aussi de plus loin. Cette année, par exemple, nous aurons la joie de recevoir des pèlerins de l’Orne ! Sans oublier, nos amis portugais de Roubaix et de Tourcoing, qui n’hésitent pas à faire quatre heures de marche pour prier sainte Rita !
 
C - Combien de personnes le pèlerinage et la neuvaine attirent-ils tous les ans ?
 
Si 300 personnes viennent en moyenne par jour dans ce lieu de prière, il ne faudrait cependant pas multiplier ce chiffre par 365 pour connaître le nombre des pèlerins. Certains pèlerins reviennent souvent. Certains chaque jour, d’autres chaque semaine, d’autres chaque mois ou tous les trois mois. Certains écrivent et Stéphanie, la secrétaire, répond à toutes les lettres. Nous en recevons environ 1000 par an. Et maintenant que nous avons un beau site internet, nous commençons à recevoir de plus en plus de courriels. Certains nous parviennent de régions très lointaines : du Congo, des Antilles, de l’Ile Maurice ! Les amis de sainte Rita peuvent ainsi envoyer leurs intentions de prière et lire les homélies et les formations qui sont données à Vendeville par le Père Bonniez, le nouveau chapelain.
 
D - Pourquoi tant de personnes ? Pourquoi les gens viennent-ils prier Sainte Rita ? Que leur apporte-t-elle ?
 
Vendeville est situé dans une région très populaire qui a beaucoup souffert. La vie dans les mines autour de Lens, Douai, Valenciennes et dans les usines textiles de Lille, Roubaix, Tourcoing était rude. Cela a beaucoup marqué les habitants de notre région. Aujourd’hui, ce qui marque les enfants de tous « ces gens du Nord », c’est plutôt le chômage, l’augmentation du nombre de divorces, d’avortements. Il m’arrive souvent qu’une femme en pleurs, en pleine détresse morale, me téléphone pour me demander mon aide… A ces maux qui marquent notre vie actuelle vient s’ajouter un mal plus profond : la perte du sens et de la valeur de la vie. Comment est-il possible de traverser des épreuves parfois très douloureuses comme un deuil, un accident, une maladie grave, si ma vie n’a pas de sens profond ni de véritable valeur ? Dans ces moments-là, vers qui se tourner ? Alors de bouche à oreille, un nom circule, surtout entre femmes : sainte Rita ! Vendeville !
Beaucoup d’hommes viennent aussi à Vendeville, mais comme chacun sait, il est plus difficile pour eux d’exprimer leur souffrance, leurs sentiments douloureux. Beaucoup se renferment et préfèrent noyer leur chagrin dans l’alcool !
Mais les femmes cherchent plus facilement le contact, la relation, une oreille attentive à leur détresse. Beaucoup s’expriment, viennent me parler et n’hésitent pas à écrire leur prière à sainte Rita sur le grand cahier de 100 pages qui est mis à leur disposition à l’entrée du sanctuaire.
Tous les 15 jours, il faut le remplacer, car il est totalement rempli ! Toute la vie des pèlerins est écrite dans ce cahier ! Nous pouvons facilement le comparer au Psautier dont se servent les moines et les moniales pour prier ! Il est rempli par deux sortes de cris : des cris de douleur, des supplications, mais aussi des cris de joie pour les grâces obtenues par l’intercession de sainte Rita. Et à travers ces cris, nous pouvons discerner la foi et l’espérance de ces nombreux pèlerins !
Maintenant, pourquoi s’adressent-ils à sainte Rita, pourquoi viennent-ils à Vendeville ? Parce qu’ils s’y sentent à l’aise ! Ils se reconnaissent en sainte Rita, comme ils se reconnaissent aussi en sainte Bernadette, avec cette différence que sainte Rita a vécu la vie et les difficultés que beaucoup de femmes vivent. Elle a été mariée et elle a eu beaucoup de problèmes avec son mari ! Elle a eu des enfants et elle a beaucoup souffert à cause de ses enfants ! Heureusement, elle a toujours cru en l’amour du Seigneur pour elle, et cette foi l’a sauvée ! A travers ses épreuves, son cœur s’est ouvert à un amour plus grand, plus fort, plus profond, l’amour de Jésus pour elle. Cet Amour nous pouvons le ressentir dans le fond de notre cœur car Jésus est vivant et présent en chacun de nous. Pour cela, il suffit d’aimer ! C’est la grande grâce que sainte Rita a reçu durant sa vie et que nous pouvons contempler en elle : la grâce d’aimer !
 
E - Prier pour les causes désespérées est-il réellement efficace ? Le message de Sainte Rita est-il encore d’actualité pour le monde d’aujourd’hui ?
 
La première question est vaste et complexe. Plusieurs réponses peuvent y être apportées. D’abord, pour quelqu’un qui croit en Jésus mort et ressuscité, aucune cause n’est désespérée. Jésus l’affirme plusieurs fois dans l’évangile. Il dit par exemple au bon larron qui va mourir avec lui : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. » (Lc 23, 43). Cette Parole marquera profondément Jacques Fesch dans sa prison avant d’être guillotiné !
Jésus l’affirmera encore à Marthe dans l’évangile de Jean : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25-26) Evidemment, pour nous chrétiens qui croyons en la Résurrection, mieux encore qui croyons que Jésus est la Résurrection, aucune cause n’est jamais désespérée, même au plan moral, car l’Amour que Jésus nous porte est un Amour infiniment miséricordieux.
A cause de cet Amour de Jésus, un miracle est donc toujours possible. Même si tous les malades qui se rendent chaque année à Lourdes ne reviennent pas guéris, certains, un petit nombre, reviennent guéris. Nous pouvons donc toujours prier pour la guérison d’un malade ou pour la conversion de quelqu’un qui s’est vraiment détourné de Dieu. L’Amour du Christ ressuscité peut atteindre et toucher le cœur et le corps de tout homme pour le transformer ! En ce sens, nous devons croire en la puissance de la prière, même si nous n’en voyons pas toujours les fruits.
En tout cas, pour nous chrétiens, la prière de sainte Rita a reçu une fécondité extraordinaire : d’une part dans sa vie, car sainte Rita a pleinement réussi sa vocation profonde, et d’autre part dans notre vie, car elle continue encore aujourd’hui d’attirer vers Jésus des milliers d’hommes et de femmes, elle leur redonne espérance, elle éclaire leur vie, elle les remet debout !
C’est, me semble-t-il, le premier fruit de notre prière à sainte Rita : elle nous empêche et elle empêche des milliers de pèlerins de désespérer ! Mais il y a d’autres fruits, et pour les faire entrevoir, je vais reprendre la comparaison que j’ai faite entre la prière des pèlerins à Vendeville et la prière du psautier utilisé par les moines, mais aussi les prêtres, les religieux, et aujourd’hui par de plus en plus de chrétiens.
Celui qui prie avec les psaumes s’engage en effet sur un chemin de lumière et de vie. Progressivement, à force de prier les psaumes son cœur va s’ouvrir aux dimensions du cœur du Christ Jésus et de toute l’humanité. Il va entrer dans la prière même du Christ et son cœur va s’élargir aux dimensions du monde. En portant dans son cœur les cris de ses frères et de ses sœurs, il va laisser peu à peu l’amour du Christ envahir tout son être !
Il en est de même pour celui qui, inlassablement, crie vers Dieu de tout son cœur, avec tout ce qui constitue son humanité, avec les joies et les peines de ses frères. Même si ce cri n’est pas directement adressé à Dieu, mais à Marie ou à ses saints, Dieu entend notre cri, il connaît notre cœur ! Même si notre cri est un cri de révolte, il a pour effet de nous tourner vers lui, et le fait de lui exprimer notre cri peut nous apaiser et nous amener à regarder autrement notre vie ! Progressivement, notre prière ranimera en nous la petite flamme de l’espérance !
Au départ, quand nous nous mettons à prier, nous commençons tous par poser un acte de foi et d’espérance, surtout si nous sommes plongés dans les épreuves ou confrontés à des personnes qui nous veulent du mal. Alors, à force de prier, la foi et l’espérance grandissent en nous et notre prière se transforme. Notre foi évolue souvent ainsi : la prière nous met en relation avec Dieu pour obtenir ses bienfaits et, peu à peu, nous découvrons que cette relation avec Dieu est encore plus importante pour notre vie que ses bienfaits ! Nous avons commencé à prier pour obtenir des grâces et progressivement, le désir de Dieu a grandi en nous. Nous nous intéressons maintenant davantage au Donateur qu’à ses dons !
Nous apprenons alors à discerner, c’est-à-dire à regarder notre vie avec les yeux de Dieu. Nous mesurons mieux la vraie valeur des choses, ce qui a véritablement du prix ! Nous percevons de mieux en mieux ce qui donne de la valeur et un sens à notre vie. La Présence du Christ ressuscité vivant dans le fond de notre cœur devient la Source et le Centre de notre vie. Nous percevons à quel point il se donne à nous, et nous ressentons de plus en plus de joie à prier, à vivre en relation avec Dieu, à demeurer avec lui dans le silence ! Son amour, sa Présence nous comblent de plus en plus !
Alors, d’elle-même, notre humble prière se transforme en louange. Nous nous réjouissons que Dieu « est », qu’il nous aime et qu’il nous appelle à vivre en sa présence dans l’amour ! Oui, bénis sois-tu Seigneur pour la Vie que tu nous donnes ! Tu nous combles de joie ! Oui, Seigneur, Toi, qui es la Vie, Toi qui es l’Amour, Toi qui es la Lumière, bénis sois-tu d’être ce que tu es, de nous avoir créés et de nous avoir appelés à être tes enfants bien-aimés !
Certes, ceci est le chemin de toute une vie. On ne passe pas de la supplication à la louange en quelques jours. Au début d’une vie spirituelle, les épreuves de notre vie, surtout si elles sont injustes, nous entraînent plutôt à nous révolter contre Dieu, contre son silence, et nous pensons spontanément qu’il aurait pu agir. Mais, en percevant la présence de Jésus dans notre cœur, en comprenant mieux qu’il souffre avec nous, et surtout, en expérimentant tout l’amour qu’il nous donne, nous pouvons réagir autrement et nous unir à la Passion de Jésus en donnant à nos épreuves le même sens que Jésus leur a donné, dans l’espérance que tous les hommes soient sauvés.
Père Jean-Marie Bonniez
Texte rédigé pour la fête de sainte Rita, le 22 mai 2011
 

 
 
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